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Nationale

Dans de nombreux pays, outre une langue officielle utilisée pour la vie administrative, on a promu certaines des langues africaines parlées sur le territoire avec un statut, une dénomination et des fonctions variables : langues nationales, langues régionales ... Selon les cas elles peuvent être utilisées dans les débats parlementaires ou dans les cours de justice, aux divers niveaux de l’enseignement, dans les émissions radio et télédiffusées...

Les textes constitutionnels ou législatifs garantissent que les droits humains seront respectés dans le domaine linguistique et que les différentes langues parlées dans le pays seront admises, protégées ou promues. Ces langues sont le plus souvent listées, mais la situation n’est pas toujours très claire. Ainsi l'article 1 §2, de la constitution sénégalaise du 7 janvier 2001 déclare que « La langue officielle de la république du Sénégal est le français. Les langues nationales sont le diola, le malinké, le poular, le sérère, le soninké, le wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée ». Ce qui n’empêchait pas Ethnologue 16ème édition de donner une autre présentation de la situation1 : ("National or official languages: Balanta-Ganja, Hassaniyya, Jola-Fonyi, Mandinka, Mandjak, Mankanya, Noon, Pulaar, Serer-Sine, Soninke, Wolof, French. "), proposant une liste différente dont le malinké (Maninkakan, Western, code ISO 693-3 [mlq] est absent).

 

Le cas du Nigeria en un autre exemple de ces imprécisions. Selon l’article du site de l’université Laval, l'anglais y a un statut ambigu, n’étant pas proclamé langue officielle de l'État, mais seulement celle de l'Assemblée nationale, où le hausa (l'ibo et le yorouba peuvent également être utilisés dans les débats.

Pour ce qui concerne l'éducation, le gouvernement central a reconnu 27 langues autochtones de base dans lesquelles commence l'enseignement primaire, pour se poursuivre avec l'une des trois langues majeures (le hausa, l'ibo ou le yorouba), l'enseignement de l'anglais étant obligatoire dès le primaire. Ajoutons à cela que dans les écoles coraniques l'arabe classique est également obligatoire. Dans les écoles secondaires, l'anglais devient une langue d'enseignement. Seul le yorouba reste une langue d'enseignement à tous les niveaux, c'est-à-dire du primaire jusqu'à l'université, et dispose de manuels scolaires adéquats. 

La langue de la justice de la fédération est l'anglais, mais le hausa est utilisé dans la plupart des États du Nord, l'ibo dans deux États du nord-est, le yorouba dans des États du sud-ouest.

On voit qu’il n'est pas toujours facile de discerner ce qui est une langue officielle, un langue nationale, une langue régionale, une langue acceptée ou recommandée pour telle ou telle fonction, privilégiée, quel que soit le qualificatif utilisé la décision n'est pas immédiate. Le site de l'université Laval sera ici aussi notre source de données. Il publie en anglais et/ou en français l'original des textes constitutionnels et législatifs pertinents dans le domaine avec de nombreux commentaires sur les situations théorique et réelle. Nous retiendrons donc comme langue nationale toute langue pour laquelle, selon le site, un statut privilégiée apparait dans les textes et/ou dans les faits.

Cependant les médias constituent un cas à part, car le réalisme semble y prendre le pas sur les principes constitutionnels ou législatifs. En voici deux exemples.

Celui du Cameroun tout d'abord où selon Laval :

"Les langues nationale sont cependant employées (tolérées ?) à la radio : huit heures quarante minutes hebdomadaires pour 28 langues. Au plan provincial, de 20 % à 25 % des émissions sont diffusées dans les langues nationales camerounaises, le reste étant en français, puis en anglais. En général, les émissions en langues nationales servent à la diffusion des messages gouvernementaux aux masses illettrées".

et celui de l'Ouganda où, toujours selon Laval :

"Les grands journaux ougandais, tels que New Vision, The Monitor, Sunday Vision, Financial Times, The Citizen, The Star, etc., ne sont publiés qu'en anglais. Le Ngabo paraît en luganda. Radio Uganda diffuse en anglais et en kiswahili, ainsi qu'en plusieurs langues nationales telles que le luganda, le lusoga, le runyoro, le rutooro, le runyankore, le rukiga, l'ateso, le luo et le lumasaaba. À l'heure actuelle, il semble bien que pratiquement toutes les langues ougandaises soient utilisées à la radio. Pour sa part, Radio France Internationale diffuse en français sur une station FM à Kampala".

Il serait bien sûr concevable d'étudier la situation des langues dans les médias de tous les pays d'Afrique, mais nous avons choisi ici de ne pas en tenir compte.